La dépendance

Aucune drogue n'a un effet aussi puissant, une montée aussi foudroyante que la nicotine. Elle atteint le cerveau en moins de sept secondes et agit instantanément, laissant une sensation d'apaisement ou de stimulation. Elle n'altère en rien la personnalité et n'a aucun effet euphorisant, cependant, elle crée une dépendance presque instantanément. En effet, ayant goûté à ce poison, le cerveau en redemande. Pourquoi? Parce qu'en très peu de temps, la cigarette est incorporée comme une prolongation du corps, un organe à part entière, et le drame est joué.

« L'effet primaire de la nicotine est de concentrer, par l'influence du neurotransmetteur
qu'est l'acétylcholine. L'acétylcholine est un facteur primaire de la régulation du transfert d'informations entre les neurones. La nicotine provoque l'accroissement considérable de la production d'acétylcholine, ce qui stimule le fonctionnement des cellules cérébrales. De plus, la nicotine a aussi un effet sur la production de dopamine, de glutamate et d'endorphine. L'effet de la nicotine est toutefois de très courte durée, de 40 minutes à quelques heures. »

De nombreuses études démontrent que la nicotine est l'élément actif du tabac qui déclenche et entretient le besoin de fumer. Car quand on commence à fumer, notre cerveau apprend à produire et à gérer ses endorphines principalement à l'aide de la nicotine. Le fumeur dépend alors de la consommation de nicotine pour « se sentir bien ».

De plus, en fumant, les personnes anesthésient leurs canaux sensoriels (visuel, olfactif,
gustatif, kinesthésique) et physiologiques. Par le fait même, elles s'amputent de certaines perceptions, afin de conserver leur dépendance au tabagisme. À cause de cette perception coupée, les fumeurs n'ont plus accès aux renseignements physiologiques naturels qui les alerteraient de la toxicité et de la dangerosité de la cigarette et de sa nocivité pour la santé.

Prenez l'exemple d'un enfant aspirant une cigarette pour la première fois. Il saura immédiatement que ce produit est toxique, dangereux. Il s'étouffera, sera étourdi, aura une sensation de brûlure à l'intérieur de la gorge ou de la poitrine, et des nausées. Dans le cas des fumeurs, le cerveau est « engourdi » par cette ingestion de produits hautement toxiques. Il ne fait plus la différence.

Le besoin de consommer cette drogue devient une habitude tellement anesthésiante des canaux sensoriels qu'il provoque une perception fausse du fonctionnement et de l'état de leur corps chez les fumeurs.

Nous sommes tous dotés de ce système multisensoriel puissant muni de capteur performants ayant pour fonction de nous mettre en relation avec le monde. Le mode visuel permet à l'œil et à la rétine de recevoir des images; l'oreille capte une gamme de sons considérables; le nez repère de multiples odeurs; et les nerfs apparentés transportent les informations recueillies. Toutefois, comme nous l'avons vu, chez les fumeurs, ces canaux sensoriels sont déviés, déjoués. Les effets sur le cerveau et le système nerveux sont dévastateurs